alien42ig54sur5  Puisque le film de Fincher achevait en apothéose la plus fameuse mythologie de la SF, c'est probablement à des caprices de studios qu'est due l'existence de ce quatrième opus de la saga ''Alien''. Le programme est faste et musclé, à la fois dans la lignée des envolées quasi mystiques d'Alien 3 [pour preuve, ce scénario misant sur un improbable retour à la vie de Ripley, clonée avec son bébé deux cent ans après les événements connus] et relativement proche d'Aliens le retour dans sa pétaradante chasse aux monstres.

 

Le projet a cette fois été confié à Jean-Pierre Jeunet, or celui des 90's était un auteur remarqué et remarquable ; les producteurs de la franchise importent ainsi un génie graphique éprouvé sur La Cité des Enfants Perdus et Delicatessen. Paradoxalement, la rencontre de la ''french touch'' et des contraintes du blockbuster américain crée un équilibre parfait [assuré par Marc Caro autrefois], évitant à Jeunet de sombrer dans l'imagerie d'Epinal comme ce sera le cas plus tard. Le réalisateur n'est cependant pas tant cadenassé, Alien 4 revendiquant un réel décalage vis-à-vis de ses prédécesseurs. Les libertés prises avec l'édifice abordé, l'opportunisme [ces trucs ''trop gros'' mais qu'on laisse passer, tout heureux d'être gratifiés d'un spectacle aussi généreux et chevaleresque] voir les facéties de l'esprit général, confinent à un ''second degré'' inconnu de la saga [sauf, à la rigueur, Aliens 2...].

 

ALIEN_4_aquaA la limite de la farce, Alien resurrection ne se contente pas d'afficher crânement sa décomplexion, mais vise manifestement l'éblouissante conclusion. Il n'y a pas ici l'ambition qui émanait d'Alien 3, Jeunet préférant manifestement l'accomplissement par la conciliation au cahier des charges [qui accabla tant Fincher]. Stylistiquement, le film n'a donc rien à lui envier et surtout le scénario y est impeccable, intense et fluide car sans trouées, sans zones de floues. Jeunet atteint des sommets formels ; jamais les créatures n'auront été si abouties esthétiquement parlant et surtout le film est bardé de gimmicks cultes, comme cette impressionnante et tendue séquence aquatique ou l'étrange antre accueillant la réunion de famille [somptueuse vision de la chrysalide].

 

ALIEN_4_0Le personnage d'Ellen Ripley est premier bénéficiaire de cette propension à l'esbroufe. A l'inverse de ses camarades globalement peu ambivalents, simples caricatures étoffées, la reine-mère subjuguée par son croisement en GI Joe/athlète fatale conserve non seulement une autorité auprès des aliens, mais aussi sur la ''mythologie'', puisqu'elle est la seule à l'observer avec un regard absolument emphatique [sa relation à l'alien est la seule parcelle ou l'émotion rivalise, quitte à prendre de l'avance sur le spectaculaire].

 

De l'entertainment de haut-vol jouissant d'un soin inoui et surtout du talent et de la grâce qui manquaient à Aliens le retour, ce ventre mou à la fade virtuosité. Les deux cross-over impliquant les codes du Predator ne garderont d'ailleurs que cet esprit récréatif commun aux deux des plus ''bankable'' et ''américains'' des épisodes de la quadrilogie. Mais c'est une autre histoire puisqu'il n'y aura, pour de vrai cette fois, plus que des techniciens à s'y atteler.

 

 

alien_4_afficheAlien resurrection*** (8-/10)  Acteurs***-* Scénario*** Dialogues**-* Originalité*** Esthétique**** Ambition*** Audace*** Emotion***

 

Notoriété>65.000 sur IMDB ; 7.000 sur allociné

Votes public>6.1 sur IMDB (légère tendance non-US) ; USA : 6.2 (metacritic) ; France : 7.0 (allociné)

Critiques presse>USA : 6.3 (metacritic)

Note globale = 6+ (3/5)

 

Saga Alien sur PS.... Alien le huitième passager + Aliens le retour + Alien 3 + Alien vs Predator

Jean-Pierre Jeunet sur PS.... La Cité des Enfants Perdus + Delicatessen + Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain + Micmacs à tire-larigot

Suggestions.... The Cell + Hellraiser IV, Bloodline + La Mutante