1183630221_aliens12sur5 Le succès planétaire et la reconnaissance qui s'ensuivit d'Alien, imposant dès lors Ridley Scott parmi les nouveaux visages d'Hollywood, appelait tout naturellement à une suite. Dirigée par James Cameron, fort d'une seconde réalisation remarquée, Terminator, après une oeuvre de commande décriée [Piranhas II, suite du film de Joe Dante], ce second volet saura se démarquer de son prédécesseur pour atteindre un statut non moins culte, jusqu'à être souvent considéré comme le meilleur opus de la saga.

 

Certes, ce ''Retour'' a effectivement le mérite de ne pas coller à Alien en prenant un contre-pied total, il est une référence en lui-même du cinéma d'action [quand le précédent en était davantage une du fantastique ou de la SF, voir même de l'épouvante] et une véritable vitrine technologique de son époque. Violent, époustouflant, Aliens privilégie les actes de bravoure à l'atmosphère. Le fusil a changé d'épaule et les ambitions revendiquées sont menées avec brio. Mais le spectacle, aussi fulgurant soit-il, cède la place à un certain ennui.

 

Le film se divise en trois parties bien distinctes ; la première est la plus réussie, la plus proche du film de Scott aussi et celle qui apporte les réponses attendues par ses aficionados. On y retrouve le commandant Ripley revenue à la civilisation après 50 ans de dérive, à une époque ou la planète Acheron [celle de l'Alien] est en passe de devenir station balnéaire.

 

AliensRipley6La mécanique enclenché, le film se montre d'une limpidité absolue : après une longue période de bavardages couillus, le méchant de service fait son apparition, accompagné de tout un armada de freaks. C'est là la seule réelle surprise : au programme, plusieurs ''aliens'', la famille s'élargit...

 

Privilégiant l'efficacité à l'originalité, Aliens le Retour n'innove pas tant, et a beau se prétendre être le yang d'un trop ying Alien, on y retrouvera les mêmes mécaniques et péripéties, ainsi que le même dénouement que dans le premier opus, simplement maquillés autrement.

 

Le film développe pourtant au moins une idée intéressante, censée ''approfondir'' la ''psychologie'' du personnage culte incarné par Sigourney Weaver, son aspect maternel. Mais il ne fait que l'étaler au fur et à mesure du métrage et en dépit de ses prétentions ne semble rien creuser du tout, le face-à-face des deux mères protectrices laissant totalement de marbre. Et alors qu'Alien caractérisait à fond ses personnages, avec une intelligence certaine, ceux d'ici, tous typés également, sont au stade brut de décoffrage.

 

G24841208413887Trop pop-corn, trop bourrin, Aliens a surtout une fâcheuse tendance à se fonder sur des éléments très Z, autant que ''culte'' probablement, qui côtoient avec une certaine habilité les conventions made in USA. Au-delà de cet humour de régiments et ces longues scènes insipides consacrées à écouter des beaufs se donner la réplique à partir d'un éventail de quinze mots [de genre « J'vais t'faire bouffer les couilles soldat et on verra si tu reviens pas en rampant ! Tapette, va ! Ouais, tafiole même ! », en fin à peu de choses près], Cameron a cette vilaine tendance à s'arrêter sur les visages déformés par la peur, à coller son appareil tout près des « noooooon » « aaaaaaaahh » ou autres « whaaaaaaaaooh !!!!!! ». Une telle mesure, en l'absence de toute ironie, rend l'épate recherchée d'autant plus gênante.

 

Pour combler le tout et en plus d'être trop long [le plus long de tous les « Alien », « vs Predator » inclus], le visuel d'Aliens, pourtant très abouti dans les scènes intérieures, semble s'inscrire dans un esprit ''Star trek'' ; ainsi les ballades dans l'espace sont au mieux agréables à l'oeil, mais loin d'un quelconque envoûtement. En poussant un peu, affirmer qu'ils semblent même désuet aujourd'hui est à peine mesquin ; en effet, en s'appuyant sur des effets spéciaux à la pointe de son époque et prompts à épater la galerie par leur démesure et non par leur inventivité, cet ''Alien 2'', sans style et pourtant si adulé, se condamnait tout seul à devenir désuet.

 

Typique du programme démesuré, soucieux de devenir culte, Aliens le retour est une débauche de gros moyens invoqués pour vous mettre le cerveau en stand-by. Mais se vouer à exploser à la gueule du spectateur n'est pas le gage d'un souvenir marquant outre mesure côté spectateur. Enfin, il faut croire que si... Fort en gueule(s), le ''visionnaire'' Cameron dégaine de gros jouets, mais la fanfaronnade de ses gadgets ne devrait faire illusion éternellement. 

 

aliens_afficheAliens = 2sur5 Acteurs>3/5. Scénario>2-3/5. Dialogues>2/5. Originalité>2-3/5. Audace>2/5. Ambition/Intelligence du propos>2-3/5. Visuel/esthétique>2-3/5. Emotion>2/5.

Notoriété>156.650 votes sur IMDB ; 6.421 notes sur AlloCiné

Votes du public>8.5/10 sur IMDB [54e du top250] ; 3.4/4 sur AlloCiné [208e du top250]

Première diffusion sur le blog : le 23.01.2010 à 14h41

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Contre-opinion par Blogness

Me voilà lancé pour contrecarrer l'incroyable mauvaise foi de Pinksataniste qui vient de se trouver un adversaire à sa taille. Ca démarre fort puisque Aliens 2 de James Cameron a entrainé beaucoup de réactions à cause d'une critique plus que mitigée. Comme beaucoup, c'est pour moi une véritable aberration que je me dois de corriger.

Avec le premier Alien, Ridley Scott avait réalisé un classique du genre, classé au panthéon des chefs-d'oeuvres de la science-fiction, voir, si l'on en croit certains, de l'horreur (et je suis tout à fait d'accord avec cela). Alien a été une vraie révolution et a permis au genre de rebondir en se réinventant. Et esthétiquement, on avait tout simplement jamais vu ça !

Autant dire que sucder à un tel film n'était pas gagné. Pourtant James Cameron y arrive haut-la-main. Mieux encore, il dépasse son prédécesseur et je crois que beaucoup me suivront sur ce point. Pour ce faire, le réalisateur de Titanic a concocté un savoureux mélange d'effets spéciaux, d'humour et de suspense, un cocktail dont il a le secret (ce n'est pas pour rien que ses films, comme Avatar, détiennent les plus gros nombres d'entrées du monde entier).

Evidemment, c'est moins terrifiant et aussi moins perfectionné. Mais le spectacle est époustouflant, la réalisation est un sommet technique et le tout est jouissif. C'est peut-être ce côté bourrin qui ne plaît pas à tout le monde (enfin qui ne plait pas à pinksataniste, à mon sens le film fait l'unanimité), mais au final, Aliens le retour est un must définitif du cinéma d'action. Cameron a bien fait de changer son fusil d'épaule.

Ma note : 5/5.


Moyenne du film sur le blog : 3.5/5.