ZOGAROK, BLOG EN ACTIVITÉ
J'ai remarqué, lors de quelques passages, que ce Blog continuait d'être très fréquenté, alors même que Videodrome/New Flesh (sur OverBlog) est au point mort - ce qui est logique pour un Blog laissé à l'abandon.
Je tiens donc à réorienter les visiteurs et les égarés qui passent par cette interface vers une autre plateforme : Zogarok, ou le Cinéma reste le sujet n°1.
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L'autre grand thème dominant, c'est la Politique
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ALIEN, LA RESURRECTION *** (ALIEN 4)
4sur5 Puisque le film de Fincher achevait en apothéose la plus
fameuse mythologie de la SF, c'est probablement à des caprices de
studios qu'est due l'existence de ce quatrième opus de la saga
''Alien''. Le programme est faste et musclé, à la fois dans la
lignée des envolées quasi mystiques d'Alien 3 [pour preuve,
ce scénario misant sur un improbable retour à la vie de Ripley,
clonée avec son bébé deux cent ans après les événements connus]
et relativement proche d'Aliens le retour dans sa pétaradante
chasse aux monstres.
Le projet a cette fois été confié à Jean-Pierre Jeunet, or celui des 90's était un auteur remarqué et remarquable ; les producteurs de la franchise importent ainsi un génie graphique éprouvé sur La Cité des Enfants Perdus et Delicatessen. Paradoxalement, la rencontre de la ''french touch'' et des contraintes du blockbuster américain crée un équilibre parfait [assuré par Marc Caro autrefois], évitant à Jeunet de sombrer dans l'imagerie d'Epinal comme ce sera le cas plus tard. Le réalisateur n'est cependant pas tant cadenassé, Alien 4 revendiquant un réel décalage vis-à-vis de ses prédécesseurs. Les libertés prises avec l'édifice abordé, l'opportunisme [ces trucs ''trop gros'' mais qu'on laisse passer, tout heureux d'être gratifiés d'un spectacle aussi généreux et chevaleresque] voir les facéties de l'esprit général, confinent à un ''second degré'' inconnu de la saga [sauf, à la rigueur, Aliens 2...].
A
la limite de la farce, Alien resurrection ne se contente pas
d'afficher crânement sa décomplexion, mais vise manifestement
l'éblouissante conclusion. Il n'y a pas ici l'ambition qui émanait
d'Alien 3, Jeunet
préférant manifestement l'accomplissement par la conciliation au
cahier des charges [qui accabla tant Fincher]. Stylistiquement,
le film n'a donc rien à lui envier et surtout le scénario y est
impeccable, intense et fluide car sans trouées, sans zones de
floues. Jeunet atteint des sommets formels ; jamais les créatures
n'auront été si abouties esthétiquement parlant et surtout le film
est bardé de gimmicks cultes, comme cette impressionnante et tendue
séquence aquatique ou l'étrange antre accueillant la réunion de
famille
[somptueuse vision de la chrysalide].
Le
personnage d'Ellen Ripley est premier bénéficiaire de cette
propension à l'esbroufe. A l'inverse de ses camarades globalement
peu ambivalents, simples caricatures étoffées, la reine-mère
subjuguée par son croisement en GI Joe/athlète fatale conserve non
seulement une autorité auprès des aliens, mais aussi sur la
''mythologie'', puisqu'elle est la seule à l'observer avec un regard
absolument emphatique [sa relation à l'alien est la seule parcelle
ou l'émotion rivalise, quitte à prendre de l'avance sur le
spectaculaire].
De l'entertainment de haut-vol jouissant d'un soin inoui et surtout du talent et de la grâce qui manquaient à Aliens le retour, ce ventre mou à la fade virtuosité. Les deux cross-over impliquant les codes du Predator ne garderont d'ailleurs que cet esprit récréatif commun aux deux des plus ''bankable'' et ''américains'' des épisodes de la quadrilogie. Mais c'est une autre histoire puisqu'il n'y aura, pour de vrai cette fois, plus que des techniciens à s'y atteler.
Alien
resurrection*** (8-/10) Acteurs***-* Scénario*** Dialogues**-*
Originalité*** Esthétique**** Ambition*** Audace*** Emotion***
Notoriété>65.000 sur IMDB ; 7.000 sur allociné
Votes public>6.1 sur IMDB (légère tendance non-US) ; USA : 6.2 (metacritic) ; France : 7.0 (allociné)
Critiques presse>USA : 6.3 (metacritic)
Note globale = 6+ (3/5)
Saga Alien sur PS.... Alien le huitième passager + Aliens le retour + Alien 3 + Alien vs Predator
Jean-Pierre Jeunet sur PS.... La Cité des Enfants Perdus + Delicatessen + Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain + Micmacs à tire-larigot
Suggestions.... The Cell + Hellraiser IV, Bloodline + La Mutante
8MM HUIT MILLIMETRES ***
4sur5
On a toutes les raisons d'aller à reculons vers 8 mm. On redoute
vers quelles eaux troubles ce film nous engagera et la peur éprouvée
est notamment celle de la forme qu'empruntera la réponse éthique au
sujet abordé. Avec Joe Schumacher, ce vieux réac prêt à tout pour
valider votre Droit de tuer, elle pourrait bien être aussi
glauque et inacceptable que ce qu'elle épingle, ou à défaut
subtilise simplement. Surtout que manifestement et à l'instar du
héros de son film, Schumacher a dégotée la grosse affaire.
Huit millimètres met en scène un détective privé incarné par Nicolas Cage chargé d'attester -ou pas- de la véracité d'une vidéo qu'une veuve a découvert dans le coffre de son défunt époux. Sur celle-ci, filmée dans des conditions rustiques, les sévices d'une jeune femme : viol puis meurtre. Si les sévices étaient réels, il s'agirait d'un snuff-movie, mais ce dernier est généralement tenu pour une légende urbaine : tout ne serait que mise en scène et il n'y aurait pas de snuffs ''authentiques''. Ou alors, dans quelle sphère ?
Qu'une telle thématique ait pu atterrir sur les écrans de ''mr-tout-le-monde'' étonne, que le film ait été rejeté en bloc par la critique et sans doute l'intelligencia de façon générale, beaucoup moins. Pourtant Schumacher est loin de délivrer un produit racoleur, loin aussi de tout mélanger [contrairement à une large frange de ses détracteurs dont les arguments se contredisent, en particulier autour de la dualité ''voyeurisme/complaisance'' et ''idéologie fasciste'']. Il y a dans 8 mm et comme toujours chez Schumacher, ce mépris pour les ''ordures'' de la société [l'ex de la victime, en prison au moment de l'enquête de Tom Welles/N.Cage] en même temps qu'une compassion pour la misère humaine [la mère de Janett] qui permettent le doute. Mais le regard de Schumacher n'est en rien condescendant ou sentencieux envers les rebuts, les marginaux. Schumacher cherche même à instaurer la sympathie pour certains de ceux-là, faisant d'un petit vendeur de sexe le collaborateur du détective. Lorsque Tom Welles arpente les braderies du hard dans le but de joindre le marché du snuff, les pervers notoires réagissent brutalement à ses demandes obscures. De même, nous ne sommes plus dans le domaine de l'art SM ou d'un porno radical : Schumacher normalise presque la ''déviance'' en la séparant clairement du snuff.
Néanmoins
ici tout est noirceur et le scénariste de Seven ne trahit pas
sa réputation. Mais sa mécanique est épurée. Pas de
rebondissements inutiles [la famille de Welles ne sera pas prise en
otage, son compagnon ne retournera pas sa veste], pas de ces astuces
esbroufeuses que nombre de thriller US à sensation, bien que plus
passe-partout, n'auraient pas hésité à user. Pas de twist sauvage
non plus. Il y a une surenchère dans le
glauque, il y a aussi ces images hyper-réalistes suggérant les
snuffs, recours que Schumacher aurait pu esquiver totalement. Mais si
l'enfer est sophistiqué à l'excès [Schumacher s'abandonne
totalement à son film], le traitement de la violence n'est en rien
esthétisant. Le grand-guignol, s'il y est, ne relève pas de
l'exotisme. 8 mm est une autopsie, un voyage au bout de l'horreur.
Pour de vrai.
Ca n'a rien de démagogue. Personne n'en sort vainqueur, personne ne trouve grâce à nos yeux [à l'exception de ''l'allié'' de Cage] : 8 mm a surtout le ''bon goût'' de garder ses distances avec le personnage principal [malgré qu'il présente sa famille comme son seul refuge, mais là encore, cette ''grande erreur'' n'en est pas tant une, puisque celle-ci est malmenée par le héros]. Schumacher ne permet pas qu'on s'y attache sereinement et à cet endroit, toutes les accusations de complaisance s'effondrent. Tom Welles, lorsqu'il s'enquiert de venger la victime torturée huit ans plus tôt, démontre clairement qu'il cherche à justifier des pulsions qu'il ne peut plus contenir, parce qu'elles crispent ses limites morales, sa résistance à l'abject. Le moyen par lequel il se cautionne [il réclame une autorisation] n'était pas indispensable. Schumacher a refusé le leurre, et peu vont au bout de la souffrance, peu remuent les plaies jusqu'à ne laisser aucun doute : les méchants sont atroces, c'est vrai, Welles aussi est monstrueux. Ce pessimisme, proche d'une négation de la théorie de la ''nature humaine'', ne permet aucun double discours.
Tout manichéisme est balayé. Il n'est laissé aux tueurs aucune possibilité de rachat ; persuadés que le meurtre organisé est le crime suprême, Schumacher et son scénariste considèrent probablement qu'il s'agit d'un stade ou plus rien n'est à juger ou à excuser. Mais cela n'occulte pas la nuance et la façade humaine de ces personnages : ils ont ce que la dite humanité contient de plus terrible en elle, ils sont aussi des sujets sinon d'une banalité déplorable, aux atours et aux vérités triviales [l'exemple, démonstratif certes, de Machine]. Ces deux notions s'enlacent. 8 mm grignote peut-être des frontières éthiques [mais c'est à revoir, à mesurer], peut-être que ce qu'il montre devrait davantage être tenu en laisse. Il regarde l'Homme sans allégeance et cette posture est la plus intègre qui soit.
8MM***
Acteurs*** Scénario*** Dialogues*** Originalité*** Ambition***
Audace*** Esthétique*** Emotion*** Musique***
Notoriété>50.000 sur IMDB ; 2.500 sur allociné
Votes public>6.3 sur IMDB (tendance non-US ; légère 18-29) ; USA : 6.0 (metacritic) ; France : 6.5 (allociné)
Critiques presse>USA : 1.9 (metacritic – moy.pondérée – pire f.de Schumacher) ; France : 3.0 (allociné)
Note globale = 5 (2/5)
Joel
Schumacher sur PS.... Le Fantôme de l'Opéra + Phone Game +
L'Expérience Interdite + Le Client + Batman Forever (B3) + Bad Company +
Batman&Robin (B4) + Le Droit de Tuer ?
Nicolas Cage sur PS.... Sailor & Lula + Les Associés + Kick-Ass + Family Man
TOOLBOX MURDERS ** (** parce que je suis gentil et que ça rend mon article encore plus condescendant)
2sur5
Annoncé par ses fans comme le grand retour de Tobe Hooper vers la
qualité, considéré comme le métrage qui l'aurait sorti de l'oubli
et son meilleur film depuis ses deux classiques [Massacre à la
tronçonneuse et Poltergeist], Toolbox
Murder permet d'être fixé : il manque définitivement aux
fabrications de Hooper l'ampleur qui ferait de leur auteur un
cinéaste. Ses produits à la linéarité coupable attestent, au
mieux, d'aptitudes de bon faiseur parfaitement anecdotique.
Remake dont le modèle se traîne une réputation pitoyable et n'a en rien marqué les cinéphages accrocs du genre, Toolbox Murder n'est pas excessivement médiocre, c'est même une gentille série B, un peu plus sophistiquée et maîtrisée que la moyenne. Mais en aucun cas un tel métrage, juste ''regardable'', ne laisse deviner l'ombre d'un mythe. Le pitsch est sans intérêt et on voit que l'écriture, pour Hooper, n'est qu'une besogne à accomplir : les dialogues sont niais, les personnages pas mieux, ce ne sont que des coquilles vides typées au burin dont les déambulations outrées [le concierge attardé, la fille d'en face émigrée de Babe 2, le délinquant d'à côté : le petit théâtres des tarés qu'on vous dit] sont censés donner une touche ''strange'' à l'étage maudit ou Angela Bettis [l'inoubliable May du film éponyme] se sent prise au piège. Aussi mal servie que les autres, son personnage, qu'elle assume admirablement soit dit en passant, a ce petit côté Marina Fois (refoulée) du macabre qui crée un décalage sympathique.
L'avalanche de petits mystères, de sinistres phrases en l'air et prédictions bidons n'est pas ce qui fait de Toolbox Murder un film à peu près potable ; l'éventuel pouvoir d'attraction du film repose entièrement sur l'ambiance. Pas de génie là non plus, mais suffisamment de matière pour susciter un certain plaisir d'esthète : Hooper en fait des tonnes avec le contexte claustro et ça marche, l'univers qu'il nous présente, à force d'esquiver de façon globale la lumière du jour [au sens propre – mais ou sont passées les fenêtres ?], possède un charme indéniable.
Saignante et banale, la seconde partie apporte son lot de révélations attendues, absolument mal foutues, mais l'investissement d'Angela Bettis, l'incongruité assez cheap de l'antre du tueur et le rentre-dedans général, haut-en-couleur quoiqu'absolument désuet, permettent à Toolbox d'esquiver les méandres derrickiennes. Tout ça est sympathique, généreux parce que démonstratif et en même temps terriblement modeste à cause de sa condition. Mais au fond, c'est assurément ce que Tobe Hooper, sans coup de pouce d'institutions supérieures [l'inconscient collectif ou Spielberg], peut faire de mieux. Un bidule bien fagôté pour une dernière partie de soirée, se contemplant avec un plaisir aléatoire et une absence globale de frémissement.
The Toolbox Murders** Acteurs** Scénario* Dialogues* Originalité* Ambition** Audace** Esthétique** Emotion**
Notoriété>4.000 sur IMDB ; 50 sur allociné
Votes public>5.5 sur IMDB (légère tendance US) ; France : 3.7 (allociné)
Tobe Hooper sur PS..... Massacre à la tronçonneuse + Poltergeist
Angela Bettis sur PS..... May
FAMILY MAN
0sur5
Soyons clairs, que le compteur soit au point mort pour Family
Man, il y avait de quoi s'en douter à la vue de son pitsch : un
malheureux ayant écouté ses ambitions a oublié la famille et
l'éventualité de connaître les bonheurs de la vie simple. On
connaît le refrain. Les couplets seront sans surprise.
Réalisateur de la trilogie Rush Hour, dont il venait de signer le premier opus avant de mettre en boîte Family Man, Brett Ratner est un réalisateur éclectique. Dans son cas cela signifie qu'il met sa virtuosité au service de daubes qui ne se ressemblent pas, parce qu'elles se rattachent à des genres différents, voir antagoniques. Il s'est ainsi fabriqué un CV très cohérent : tous ses films se répondent parce qu'ils sont laborieux ou sans ambitions chacun dans leur domaine. Dragon Rouge sera la seule exception à la règle, au résultat assez contradictoire, puisque c'est justement parce que Ratner ne s'approprie pas le mythe d'Hannibal Lecter que celui-ci se permet de défiler tranquillement à l'écran ; le prologue trouve un écrin classique qui ne se mêle jamais d'investir son sujet, laissant ce dernier libre de ses mouvements.
Un
yes-man qui s'incline devant les impératifs qu'on lui confie ; pas
de sa faute, donc, lui n'est là que pour appliquer. L'idée de
Family Man repose sur le principe du ''et si'', hérité de La Vie
est Belle de Frank Capra, classique absolu aux USA,
culturellement (presque ?) aussi important que Le Magicien d'Oz.
Le script du film de Capra a inspiré beaucoup de versions
sirupeuses, consensuelles [tout récemment, Shrek 4]
et pourquoi pas, allègrement réac. C'est le cas ici ; comme
on le devine rapidement, ce n'est plus que du bonus, on s'amuse à
repérer les outrages conservateurs, les séquences les plus limites,
etc. [un peu comme devant Ce que veulent les femmes,
hallucinante démonstration de mysognie].
Le soir de Noël, Jack Campbell [Nicolas Cage, look passe-partout pour une fois] perd connaissance et passe dans une autre dimension. Il se retrouve père de famille et marié à Kate, qu'il aurait du il y a une quinzaine d'années rejoindre après son voyage à Londres. Mais la vie en décide autrement, n'est-ce-pas, et Jack est resté à Londres plus d'un an, devenu depuis directeur d'un cabinet de conseil en affaires à Wall Street. Comme il en a de la chance : aujourd'hui, grâce à un ange gardien black, Jack a les cartes en mains pour éviter de devenir un personnage respectable et solitaire. Dans cet univers ou il n'est jamais parti pour Londres, il est vendeur de pneus, ses amis sont des gentils gars de la campagne et sa garde-robe c'est du 100% gros pull à laine agrémenté de motifs particulièrement élaborés, du genre sapin de Noël, paysages bucoliques en 1D etc.
Pendant
un long moment, Nicolas Cage est notre balise de secours [couplé à
notre curiosité de le voir se démener aux côtés de Téa Leoni
dans un cadre si répugnant]. Son regard cynique sur la réalité
nouvelle qu'il subit maintient encore une distance avec celle-ci. Il
finira bien sûr par céder à la mélancolie pour cette vie ratée
qui lui apparaît bientôt attendrissante [assumant alors son
impuissance effective dans le contexte de ''la petite vie'']. Le film
ne rate rien : on se moque des gens de Wall Street, des urbains,
prétentieux et vains, nus sans leurs habitudes ''péteuses'' [genre
: Jack veut s'acheter un costume : non, chéri, prends-toi plutôt un
morceau de chouquette, ça coûte pas cher, mais ça, c'est un VRAI
moyen de te mettre le coeur en fête !]. En substance, des incapables
sitôt qu'ils seraient en-dehors de leur élément.
Bref, de l'avenir faisons table rase. Au-delà de la nullité du programme, tout est d'une platitude incroyable et rien ni personne ne vient signaler à Ratner qu'il serait intéressant de dépasser la simple idée du postulat de départ. Un moment caustique, un seul, lorsque Jack Campbell dresse le portrait de ses anciens confrères, ou plutôt de ses confrères du monde parallèle. Caustique sur le papier, bien sûr, ou dans le principe. Pour le reste, c'est juste une comédie drama-fantastique atteignant des sommets de mièvrerie complaisante. Humour familial rase-motte et écoeurant, limite malsain ; comment supporter la vision d'un film cherchant à vous divertir avec un gros-plan sur le sexe-rigolo d'un bébé urinant en l'air (et accessoirement tout près du visage de son père), tout en évacuant avec l'empressement d'une vierge offensée l'idée de l'adultère (incarnée comme une véritable perversion par une esthéticienne de ''mauvais goût'' – une débauchée, une femme ''qui cherche'', c'est ça non ?).
Il
aurait été absurde d'attendre de voir ici l'ombre d'un Spike Jonze,
mais de là à ne rien exploiter du potentiel énorme qui s'offre au
film, il y a un monde. Ce fossé est indéniablement creusé par des
exigences qu'on ne saurait nommer. Qui a écrit ce ''truc'' ? Une
ménagère icônisant Sarah Palin ? Est-ce un plouc aux manettes ?
Au fond (et il n'y a pas besoin d'allez chercher loin), ce film méprise profondément ''ses sujets''. Family Man, c'est Hollywood qui vous dit qu'elle vous aime comme vous êtes, que c'est pas grave, et que c'est même très bien pour tout le monde que vous demeuriez au stade ou vous en êtes. C'est faire croire aux foules qu'elles ont tout pour être heureuses alors qu'elles n'ont que le minimum [alors qu'on sait que si elles s'en satisfont, c'est soit pour de faux -une posture sociale, soit parce qu'elles ne connaissent rien d'autre -un manque, social].
Le film esquive le pire au bout de ses deux-tiers pour se tourner vers une histoire d'amour plus neutre. Il s'agit alors de tenter de rattraper un amour qui pendant quinze ans s'est oublié [au péril, encore, de la réussite]. Le film ne prêche alors le bonheur du foyer qu'en sourdine ; le bonheur n'est pas seulement au foyer, il est aussi dans l'amour. On a vu ça mille fois, c'est asséné avec une finesse de bulldozer [l'aéroport lieu de tous les sévices oratoires]. C'est un peu mieux (ou moins pire, plus ordinaire et plus ''normalisant'' en somme). Mais pourquoi faut-il forcément accepter une vie modeste, le sacrifice de ses rêves et un taux d'épanouissement à zéro par amour [et pour le désir, toujours explicité, de fonder une famille, etc. -les fioritures autour-] ? Pourquoi, lorsque Jack tente de retrouver Wall Street par la petite porte et [SPOILER] lorsqu'il le retrouve concrètement, doit-il renoncer à ses ambitions par amour ? L'amour, c'est se vider pour l'autre ? C'est tout abandonner de ce qui fait ce qu'on ''est'' ; et s'offrir ainsi, comme une copie blanche docile et soumise ?
Family
Man° Acteurs*** Scénario* Dialogues** Originalité° Ambition°
Audace° Esthétique° Emotion° Musique°
Notoriété>35.000 sur IMDB ; 1.500 sur allociné
Votes public>6.6 sur IMDB ; USA : 6.5 (metacritic) ; France : 7.3 (allociné)
Critiques presse>USA : 4.2 (metacritic) ; France : 4.5 (allociné)
Note globale = 6 (3/5)
USA, deux pieds chez les bouseux, le coeur et la tête à droite sur PS.... La Proposition + Ce que veulent les femmes
Brett Ratner sur PS..... Scarface-1984 + Dragon Rouge
Nicolas Cage sur PS... Sailor & Lula + Kick-Ass
Téa Leoni sur PS.... Deep Impact
Aéroport sur PS..... In the Air
Noel sur PS..... Tokyo Godfather + Joyeux Noel










