ALIEN_3__14sur5 Opus le plus controversé [voir contesté] de la saga, Alien 3 sera même renié par son réalisateur, le clippeur David Fincher dont c'est le premier long-métrage, allant jusqu'à quitter la production avant le montage final. Les pressions de la Fox, les allures chaotiques d'un scénario ambitieux mais écrit au fur et à mesure du tournage, les compromis avortés et autres revirements donneront naissance, dans la douleur, à ce film malade.

 

Pourtant, en retrouvant l'aspect pleinement huis-clos du premier Alien, ce sequel est le plus semblable au classique fondateur de Ridley Scott, tout en étant le plus audacieux et original. Affirmant déjà un style épatant après la réalisation high-tech carrée de Cameron, Fincher propose un film beaucoup plus sombre, organique, niant même en quelque sorte celui de son prédécesseur, lequel fera part sans pudeur de son dégoût éprouvé devant Alien 3.

 

Malgré les multiples retouches, l'essence de l'Alien idéalisé par Fincher transparaît. Sacrifice et rédemption animent l'Ellen Ripley éternelle unique survivante de son escouade ainsi que cette poignée de détenus si dangereux que placés en quarantaine sur la planète ou elle débarque. Comme si les caricatures d'Aliens 2 prenaient leur véritable ampleur une fois dépouillées de leurs armes et de leurs dehors rigolards.

 

Plus forte que jamais, la figure incarnée par Sigourney Weaver saura dompter les forçats pour faire face au seul danger qu'elle estime en tant que tel, la créature de l'espace, invoquant leurs défenses les plus viscérales. Poussant à son paroxysme la relation de dépendance étroitement maternelle entre Ripley et l'Alien, le film emprunte des élans christiques, culminant lors de son final lyrique et torturé. Amoureuse, mais en enfer, Ripley découvre son statut de condamnée, implanté en elle depuis que le destin lui a imposé le combat qui monopolise toute son énergie ou en d'autres termes, tout son être.

 

Sans perdre de son aura, l'Alien devient davantage un compagnon mystérieux qu'un adversaire terrifiant. Loin de la langueur du prédateur silencieux et invisible du film de Scott, le monstre s'engage dans une course haletante et obsessionnelle ou Fincher expérimente son point de vue à la première personne. Accordant un habillage très particulier au sanctuaire de ce démon, Fincher refermait avec éclat une saga totalement hybride, aux styles et choix divergents malgré une harmonie certaine entre ses opus, dont Jeunet accomplira la voluptueuse synthèse.

 

 

alien_3_afficheAlien³*** Acteurs*** Scénario*** Dialogues*** Originalité*** Ambition*** Audace*** Esthétique*** Emotion***

 

Notoriété>76.500 notes sur IMDB ; 5.700 notes sur AlloCiné

Votes du public>6.2 sur IMDB (forte tendance non-US, très forte tendance masculine) ; France : 7.5 sur AlloCiné

Note globale selon cinemagora → 6.6

Saga Alien sur PinkSataniste : Alien le 8e passager ; Aliens le retour