13_JEUX_13sur5 Pushit est un jeune homme déphasé, largué sur le plan professionnel, livré à lui-même côté sentimental. Cette journée voit l'aboutissement de son échec ; mais alors qu'il est au plus bas, Pushit est contacté via son portable pour participer à un jeu qui pourrait lui rapporter 100 millions de baths. Tout cela est mis en scène naivement, avec pudeur, mais si le film pose des bases assez quelconques, il attire la sympathie sur ce personnage ancré dans le réel.

 

Cette immersion un peu pataude débouche rapidement sur un principe déjà éprouvé au cours d'une décennie de Saw : un individu est soumis à des épreuves le confrontant à des limites éthiques. Une fois encore, rien de véritablement transgressif ici, mais une version soft et ludique. 13 jeux de mort n'est pas tant un film gore [il est très sobre sur ce point] qu'un thriller vaguement déjanté, répondant aux besoins impérieux du sous-genre dans lequel il s'inscrit en faisant preuve de créativité dans les situations qu'inspire le thème. Entre drame et burlesque [sans concession, la VF amplifie tout], Chukiat penche finalement pour le second, mais les deux s'étendent main dans la main. Après une épreuve anodine et bénine, digne d'un Fear Factor de bac à sable, les interlocuteurs omniscients de Pushit le soumette à une dynamique de progression : faire pleurer des enfants, manger de la merde dans un restaurant chic [du Salo cheap, en somme]... La difficulté va graduellement, on s'en doute, jusqu'à concerner la vie de rencontres improbables. L'opération est réussie, 13 jeux fonce vers l'absurde et une certaine fraîcheur se dégage de ses ébats caustiques ; à son meilleur, le film apparaît comme une sorte de Groland thailandais.

 

Mais on apprécierait plus encore ce bon divertissement s'il admettait ne rien révolutionner, car au-delà du fourre-tout, assez puéril dans le fond et souvent réjouissant, 13 jeux déçoit. La situation dans laquelle est plongé Pushit est traitée avec lourdeur, malgré la bonne volonté manifeste de Chukiat, réalisateur et scénariste. Il ne trouve aucune dimension philosophique à ce jeu aliénant et dangereux qui pourtant s'y offrait allègrement. En lieu et place, les coupables de l'engrenage sont très vite repérés : télé-réalité et société capitaliste. Plus malheureux, une fin grand-guignole qui veut justifier les moyens et surtout quelques flashbacks assez ineptes, sans intérêt sur le plan narratif, stupides dans ce qu'il signifient. 13 jeux de morts est un essai maladroit, tissant son dispositif autour de figures probablement déjà établies dans l'esprit du spectateur, mais l'audacieux mélange des genres ainsi que le mariage improbable de tics américains et asiatiques insuffle un charme à cet objet curieux, pas tout à fait indépendant, mais regorgeant de petits coups-d'éclats.


 

 

13_JEUX_AFF13 Game sayawng**  Acteurs** Scénario** Dialogues** Originalité** Ambition*** Audace** Esthétique**-* Emotion**-*

 

Notoriété>1.500 sur IMDB ; 70 sur allociné

Votes public>7 sur IMDB ; France : 5+ (allociné)