Deux bonnes surprises, deux craintes largement devancées (tous américains). Bound, le premier (le meilleur ?) film des réalisateurs de Matrix ; le charmant The Burrowers, injuste futur DTV ; le pitoyable, mais on s'en doutait, navet gore Train ; l'horripilant Intuitions d'un Raimi méconnaissable.

 

→ Bound/Wachowki *** 67/100

→ The Burrowers ** 61/100

→ Train (2008) * 13/100

→ Intuitions (Sam Raimi) * 8/100

 

 

92178BOUND ***

 

3sur5 Le premier film des frères Wachowski, réalisateurs de la trilogie Matrix, est un polar au style rétro-noir s'annonçant tout en mimiques saphiques. Elle, pute de luxe à ses heures perdues, aspirant à changer de vie ; elle, virile wonderwoman fraîchement sortie de prison, volontiers plombière de service. Toutes deux veulent partir s'offrir le Monde avec l'argent des associés mafieux de l'époux de la première ; leur plan se heurtera à d'imparables complications.

 

Bientôt, le motif de base s'efface pour laisser toute sa place à une intrigue policière sous haute tension, coups de théâtre et imbruglios de mise. Le film cultive un petit côté ''De Palma'' des bonnes heures, doté d'un style lascif et agrémenté de gimmicks ''scopiques'' (justifiant quelques passables scories). Débarrassée de tout superflu théorisant, l'esbroufe est le moteur de l'intrigue, simplement. A l'arrivée, Bound est une sorte de Basic Instinct en plus sensuel (car moins lourd) et concis (faut-il dire version améliorée ? Au-delà de l'accroche, les films ont un ton différent, il est ici plus léger).

 

C'est tout à fait personnel, mais Jennifer Tilly/Violet me fait penser à Julia de Hellraiser (physique compris). Même combat pour la vie nouvelle (c'est d'ailleurs ce qui motive l'histoire, son désir est l'essence du film, à l'instar de celui de Clive Barker) en prenant des risques contrastant avec sa vie triste et ''ordonnée''. Et au péril de la vie des autres, en particulier ceux qu'elle a connus jusqu'ici.

 

 

bound_affBound*** (7-/10)  Acteurs*** Scénario*** Dialogues** Originalité** Ambition*** Audace** Esthétique*** Emotion*** Musique**

 

Les Wachowski sur PS...  Matrix** + Matrix Reloaded*** + Matrix Revolutions* + V pour Vendetta°

Suggestions... Basic Instinct**

 

 

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THE BURROWERS **

 

3sur5 Juste sur le plan formel, The Burrowers a tous les atouts, et même plus qu'on en demande, pour être promu en salles. Surtout que seule sa méprisable exploitation commerciale rappelle ce film plein de charme à son statut de série B. Photo impeccable, jolis effets de style, privilège à l'atmosphère : c'est au moins l'oeuvre d'un habile technicien et metteur en scène assumant parfaitement le manque de moyens à peine latent.

 

Mais si le film a pu inquiéter les annonceurs, c'est qu'il fonctionne sur la fusion improbable de deux genres que peu ont songés à concilier jusqu'ici : le western et l'horrifique. En téléportant ses monstres [même pas cheaps] dans un contexte inhabituel, J.T.Petty risque de faire parler de lui chez les amateurs d'ingrédients Z, à coup sûr comblés de les voir enfin s'offrir un digne traitement de catégorie A.

 

Sauf que c'est justement lorsque les ''enfouisseurs'' du titre apparaissent que le film s'essouffle, sa dernière partie sacrifiant la mince parcelle de mystère mais du même coup la réelle tension qui imbibait le métrage. Qu'importe, puisque ces créatures issues de la mythologie des autochtones américains n'auront jamais été la fin en soi de ce film à la trame relativement simple, assez économe en terme d'esbroufes, mais férocement ambitieuse. Les personnages sont très finement écrits, suscitant chacun l'empathie, même ceux qu'il était si facile de parodier ou livrer en pâture [Henry Victor, personnage censément veule, répugnant et détestable] : preuve, s'il en faut, qu'on est à mille-lieux du tout-venant de la production fantastico-horrifique US. En filigrane, mais sans chercher à discourir, un plan d'ensemble sur la haine ''valide'' d'une époque et l'asservissement des Indiens. Une réussite globale et, à quelques infimes lourdeurs près, un souffle de fraîcheur.

 

 

Gaff181451180787171The Burrowers** (6/10) Acteurs*** Scénario** Dialogues*** Originalité**-* Ambition*** Audace** Esthétique*** Emotion** Musique**

 

Notoriété>2.000 sur IMDB ; non intégré sur allociné

Votes public>5.8 sur IMDB (légère tendance féminine)

 

Western sur PS... Blueberry, l'expérience secrète**

Monstres sur PS...  Alien, le huitième passager****

Malédictions, retours de la mort & revanche surnaturelle des Indiens d'Amérique sur PS...  Wolfen**

 

 

 

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TRAIN/2008 *

 

1sur5   Une équipe de sportifs étudiants croit partir pour un concours à Odessa alors qu'on les a conduit dans le train des tortures. C'est tout pour l'intrigue, quand au reste, nous avons à faire à une boucherie sans grâce, formatée et sans aucune ambition, terriblement ennuyeuse [mais on s'en doutait], quoique par instants vaguement plus sophistiquée [dans les sévices présentés à l'écran, pas dans le style ou l'ambiance générale] que la moyenne de la foule de tortures-porns sortant en DTV.

Côté ''sexe'' [des ados dans l'intrigue : donc : ketchup et libido] du scabreux de bas étage, du cap' ou pas cap' juvénile. Du scabreux mou, quoi.

 

C'est tout. Ah, un des bourreaux ressemble à Cate Blanchett. C'est la seule à avoir du charisme. Pas beaucoup [son personnage ne le lui permet pas], juste ce qu'on demande à un acteur digne de ce nom. Et la photo est pas si crade. Et... et non, il n'y a rien de plus à relever.

 

Train_poster_01Train* (1+/10)  Acteurs* Scénario°-* Dialogues°-* Originalité°-* Ambition* Audace* Esthétique* Emotion*

 

Notoriété>1.200 sur IMDB ; 150 sur allociné

Votes public>4.6 sur IMDB ; France : 4 (allociné)

Note globale = 4 (2/5)

 

Gore sur PS...  Saw*** + The Collector**

Survival sur PS... Eden Lake*** + La Dernière Maison sur la Gauche****

Train sur PS...

Teen sur PS... Tous les garçons aiment Mandy Lane*** + Neuilly sa mère !*

Suggestions... Saw 6*

 

 

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G3469819500656INTUITIONS *   (SAM RAIMI)

 

1sur5 Au début, on se croit surpris de tant de ''pudeur'', on s'attriste de tant de classicisme de la part de celui qui fut l'auteur des potaches, nerveux et indécents Evil Dead. Puis on se demande qui de nos lamentations ou de notre mépris l'emporte.

 

Sam Raimi semble s'être ici totalement incliné : en bon yes-man, il décrit l'Amérique du milieu, celle délaissée, façon ''plouc'', l'angle toujours privilégié au cinéma. Toutes les scories ''emphatiques'' sont au rendez-vous. Derrière sa couverture de voyante, Cate Blanchett est une sorte de psychologue-assistante sociale ; on lui confie ses malheurs de triso, de femme battue... C'est que tous ces ''gens'' sont plus désoeuvrés les uns que les autres, comprenez.

 

Le scénario est pitoyable, c'est en même amusant à ce point, mais ce qui entraîne définitivement Intuitions vers le fond du fond, c'est cette vision bête et primaire qui s'en dégage à chaque geste, chaque parole, chaque rebondissement [si Katie Holmes est imbuvable, ce n'est pas -pour une fois?- parce que c'est Katie Holmes, c'est bien parce que son personnage est la fausse-potiche de service, hypocrite et amorale faut-il comprendre : bref, on a compris, dans le monde qui nous est présenté, c'est une ''salope'' – mais elle est (quasiment) pardonnée, ouf !]. Tout cela semble tirée d'un autre siècle, celui, très certainement, de La petite maison dans la prairie.

 

Résultat, le film est tellement misérabiliste que l'hilarité qu'il suscite malgré lui n'est en rien coupable. Accessoirement, cette non-performance de cinéma vaut pour un solide argument : Keanu Reeves, pas crédible une seconde dans la peau d'un pseudo-grand-méchant-loup [son entrée, à la 16e minute : attention, fou-rire !]. S'il a souvent été bien employé par les cinéastes, notamment dans le rayon fantastique/SF, ici il est livré à lui-même, et partant, à ses détracteurs qui n'y voit qu'un acteur-asperge. Rappelez-vous Orlando Bloom dans Pirates des Caraibes pour vous faire une idée du charisme dégagé par un Reeves vêtu comme un pouilleux et entiché d'une barbe grasse.

 

 

Gaff902744806The Gift* (1/10)  Acteurs*-* Scénario°-* Dialogues* Originalité° Ambition** Audace° Esthétique° Emotion* Musique°-*

 

Notoriété>28.000 sur IMDB ; 900 sur allociné

Votes public>7- sur IMDB (légère tendance féminine) ; USA : 8- (metacritic) ; France : 6 (allocine)

Critiques presse>USA : 6 (metacritic) ; France : 5+ (allociné)

Note globale = 7- (3/5)

 

Sam Raimi sur PS....   La Trilogie Evil Dead** + La Trilogie Spider-Man**

Cate Blanchett sur PS....   Le Talentueux Mr Ripley**** + Aviator*** + Babel**

Keanu Reeves sur PS....   L'Associé du Diable**** + Matrix Reloaded*** + Dracula/Coppola** + Matrix** + Matrix Revolutions* + Constantine*

Katie Holmes sur PS....  Batman Begins****