nikita_12sur5   Dans les années 1990, c'était un phénomène. Premier film français à dépasser le cap des cinq millions de dollars aux US, source de divers remake et d'une série télévisée. Après un Grand Bleu raillé par la critique, le public érigeait définitivement Luc Besson sur un piédestal. La raison ? Une mise en scène branchouille, un scénario sans flottement érigé autour d'une ligne claire et surtout l'heroine éponyme du film, une sauvageonne programmée pour tuer rattrapée par sa sensibilité.

 

La pauvre : elle est officiellement morte et doit rester une méchante alors que, amoureuse, elle voudrait construire sa vie. Sur tous les tableaux, Nikita est un personnage très ''instinctif''. On peut n'y voir qu'une débile qui crie et pleure. La performance d'Anne Parillaud parvient à occulter la pauvreté du rôle, tant la comédienne semble se livrer au rôle de sa vie. Est-ce que c'est poignant pour autant ? Pas une seconde mais à vrai dire, on veut bien s'en contrefoutre.

 

Pourtant, et même si le reste des personnages est tout aussi inconsistant, leurs étiquettes suffisent à huiler les rouages de Nikita : le film assure parfaitement dans son rayon action. Loin de la beaufitude pesante et grivoise d'aujourd'hui auxquelles s'adonnent les productions Besson, le film pourrait néanmoins en être tenu comme un ascendant. Dans Nikita est demeuré un arrière-goût frenchie, quelquefois à la limite de la fiction policière terre-à-terre de TF1. La différence, c'est que le film est rebooté est permanence par des manies américaines [importées et réappropriées avec beaucoup de soin, seulement des soins] ; ce qui, en soi, est énorme, à l'époque.

 

Plutôt classe pour un Besson, le film reste largement décent vingt ans après. Ni bouillie ni grande cuisine. On se fait chier, mais poliment. Le hic, c'est qu'il y a ici, disséminé un peu partout, une foule de notions qu'on verra en mieux dans les Besson postérieurs : en tête, le personnage principal ressemble davantage à un ersatz de celui de Danny the Dog que l'inverse, tant Nikita est une coquille aussi rêche que vide : que son interprète reçoive un César n'y change rien. Surtout, malgré sa caméra virtuose et ses décors clinquants, Nikita fait tellement cheap, tellement suranné, à côté d'un Léon qui ne sortira pourtant que quatre ans plus tard. Pas de raison de faire la grimace pour autant ; cela n'ôte rien à ce Nikita très mais pas si bien pourvu, simplement s'il nous incite à invoquer les références de Besson alors qu'elles-même sont déjà particulièrement surévaluées, c'est que définitivement le plafond chez lui est à hauteur, sinon de nain, pour le moins modeste.

 

 

NIKITA_AFFIHENikita** Acteurs**-* Scénario** Dialogues** Originalité*-* Ambition**-* Audace** Esthétique** Emotion*-* Musique**-*

 

Notoriété>25.000 sur IMDB ; 12.000 sur allociné

Votes public>7.5 sur IMDB (légère tendance masculine) ; France : 7.3 (allociné)

Critiques presse>USA : 5.6

Note globale selon Cinemagora → 7.4