dellamorte_dellamore_14sur5 En voulant se détacher de son père protecteur Dario Argento, Michele Soavi [Bloody Bird] a longtemps hésité avant de savoir ou donner de la tête : il voulait, semble-t-il, réaliser ''son film parfait''. D'ailleurs, après s'être décidé à adapter le roman éponyme, son Dellamorte Dellamore plébiscité à Gérardmer en 1994, chef-d'oeuvre ultime pour certains, l'incitera à abandonner la carrière de réalisateur pour passer à la télévision pendant plus de dix ans [son retour attendra 2006 avec un Arrivederi amore plutôt zappé].

 

Au départ, le film est aussi plaisant que vaguement décevant. Malgré son humour à froid, ses sous-entendus scabreux pour le moins transgressifs, Dellamorte est mou, sûr de lui sans être fixé. Cette sensation de pochade nébuleuse est sans doute due au fait que Soavi hésitait quand à la direction de son métrage : en bon perfectionniste, il n'accepte pas de lui accorder un ton définitif. Puis en assumant pleinement ses alchimies improbables, il s'abandonne à sa folie douce et macabre, achevant de placer son film hors du temps.

 

DELLAMORTE_DELLAMORE_3L'histoire est, de prime abord, d'une simplicité byzantine  : le gardien de cimetière Francesco Dellamorte se charge de tuer ''pour de bon'' des revenants avec l'aide de son compagnon Gnaghi [sorte de cousin mutique du Simon Jérémi de La Cité de la Peur, jusqu'à vomir lui aussi quand il est content] ; c'est que l'endroit semble frappé par une étrange épidémie. C'est l'occasion pour le film de surligner quelque peu les tendances du personnage principal au morbide, son attrait pour les ténèbres, dans une veine qu'on pourrait comparer à celle de la Famille Addams, à la différence près qu'à la poussive logique d'inversion, Soavi préfère coller à la nonchalance et au cynisme de son héros.

 

Se détachant de repères du genre qu'il s'amusait à contredire, le film décolle alors avec son délire autour d'un romantisme morbide, enclenché dès la première rencontre de Francesco avec une trop jeune veuve qui aura eu le tort d'inviter le héros à narguer son défunt époux sur sa tombe. Le fatras zombiesque déjà totalement relégué à l'arrière-plan, Dellamorte devient une histoire d'amour impossible à la fois désuette et surréaliste.

 

L'oeuvre évoque quelquefois le meilleur de Caro/Jeunet, auquel on aurait injecté une dose d'hystérie et de mystère supplémentaire. En s'inspirant ostensiblement de toiles de Magritte et Bocklin [''L'île des morts''], Saovi transcende une esthétique gothique de toute beauté mais relativement old school pour faire de son film un chef-d'oeuvre plastique à la poésie burlesque de tous les instants. Cinéaste de l'image, mais de l'absurde aussi, composant là une petite pépite de bizarrerie baroque, au fatalisme trivial et à la démarche sublime, ses allers sans retour justifiant même les quelques flottements du début.

 


DELLAMORTE_DELLAMORE_afficheDellamorte Dellamore/Cemetey Man***  Acteurs*** Scénario**** Dialogues*** Originalité**** Ambition**** Audace*** Esthétique**** Emotion***

 

Notoriété>7.500 sur IMDB ; 300 sur allociné

Votes public>7.4 sur IMDB (tendance 18-44 et non-US) ; France : 8.0 (allociné)

 

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