masques_11sur5 Le célèbre présentateur d'une émission télé, au concept situé quelque part entre La chance aux chansons et Chanter la vie de Pascal Sevran, invite son ''biographe'' à s'installer chez lui. L'imposteur découvrira les secrets du vieux personnage mi-beauf mi-précieux et de sa famille, avant de se dévoiler lui-même.

 

D'une critique de la télévision qui semblait bienvenue, Chabrol ne tire qu'un polar à charges tout à fait plat et inoffensif, à la fade noirceur et au clinquant auteuriste. Il se complaît dans ses tics de peinture pseudo-acerbe [car à la méchanceté blanche, trop évidente et surlignée] de la bourgeoisie et nous y morfond : comme souvent chez le cinéaste, c'est à la fois monacal et démonstratif.

 

Les idées sont louables mais sans lendemain : n'importe quelle parodie de Kad & Olivier est plus inventive, incisive et même, sans doute plus juste. D'ailleurs le film ne convainc que lorsqu'il tourne à la farce et le Mocky docile gagne probablement à abandonner ses acteurs au cabotinage outrancier. Ainsi les seules scènes notables sont celles d'ouverture et la finale, lorsqu'un Noiret impétueux illustre la poussive petite thèse de ces Masques en révélant combien, sous le vernis débonnaire, se cache une âme cynique. C'est mignon.

 

Ce n'est au fond qu'un petit jeu au parfum d'Agathie Christie cheap, bien ficelé et défilant sans ton. Chabrol se recycle, il a trouvé un nouveau thème pour bidouiller. Le résultat est une gaudriole qui n'amuse que lui dont le ridicule, amplifié par une mise en scène aux intentions odieusement courtes et ampoulées [la partie d'échecs entre les deux principaux protagonistes], gêne presque avec vingt ans de recul.

 



MASQUES_afficheMasques* (3/10) Acteurs* Scénario** Dialogues** Originalité* Ambition*** Audace* Esthétique°-* Emotion*

 

Notoriété>450 sur IMDB ; 120 sur allociné

Votes public>6.8 sur IMDB (tendance masculine) ; France : 7.8 (allociné)

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