All_the_Boys_Love_Mandy_Lane_24sur5 Comme The Burrowers, mais dans une plus forte mesure, voici l'injuste recalé des sorties en salles que les cinéphages (aussi bien en France que dans son pays d'origine, les USA) ont du se restreindre à découvrir mais sur le Net. Fort de la réputation qu'il s'y est faite, le film a vu sa sortie vidéo enfin aboutir, puisqu'il est désormais disponible sur le marché, quatre ans après avoir été bouclé [et alors que Jonathan Levine a déjà mené bien d'autres projets depuis].

 

Malgré son triomphe sans ambiguité dans les festivals indépendants, All the Boys love Mandy Lane a déjà beaucoup de détracteurs, tout secoués de n'avoir pas trouvé en lui leur slasher en bonne et dûe forme. Parce que le film est sans doute mal vendu ; il évoque bien plus Virgin suicids qu'un néo-Massacre à la tronçonneuse. A la rigueur, c'est du Craven première période agrémenté d'une salvatrice couche glam et méchante.

 

mandy_lane2Il surprend par sa belle attention à l'adolescence, subjuguant la condition et les ''vices'' teen avec un style raffiné et quasi-publicitaire, notamment dans son intro (une démarche rappellant tout un pan de celle du remake de Last House on the Left sorti l'an dernier). Hormones, concurrences et frayeurs juvéniles sont au programme, désir et frustration se greffent autour de la figure archi-convoitée de Mandy Lane (comme le titre l'indique). Jonathan Levine en a fait une sorte d'exception culturelle au milieu de camarades plus rassurés de se confondre en un cliché. Le film a le bon goût de ne pas jouer ce jeu, et chaque personnage est remarquablement écrit et composé [Whitney Able/Chloe en particulier] .

 

L'oeuvre épate en ce qu'elle ramène à elle ce qu'on aurait tôt fait de qualifier de balises de genre [qui, depuis Halloween et surtout le très beauf Vendredi 13, ne se doute de rien lorsque des ados annoncent partir un week-end s'isoler dans un ranch ?], pour les assimiler avec une élégance insolente, avant de chambouler la trame pour enrichir le point de vue du film (jusqu'à un final particulièrement retors). Ainsi le motif horrifique, qui paraissait transparent (vengeance), trompe insidieusement l'auditoire. Faux-semblants à l'appui, Mandy Lane est la chronique d'un jeu de séduction limite et de la découverte des sacrifices exigés par l'amour, mais aussi de l'émancipation, difficile et souvent non accomplie, d'une jeunesse mal connue.

 

 

mandy_lane_afficheAll the Boys Love Mandy Lane*** Acteurs*** Scénario*** Dialogues*** Originalité*** Ambition*** Audace*** Esthétique***-* Emotion***

 

Notoriété>7.500 sur IMDB ; 600 sur allocine

Votes public>5.9 sur IMDB (tendance US, légère +45-->-18) ; France : 5.6 (allocine)

Critiques presse>voir la critique sur metacritic (USA)

 

Ados & traumatismes horrifiques sur PS...  La Dernière Maison sur la Gauche/remake + Eden Lake + Freddy 3, les griffes du cauchemar + Freddy 5

''Cinéma indépendant'' sur PS...  Kalifornia + Moon/2010 + Gigantic

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