l_histoire_sans_fin_24sur5 Bon prétendant au titre de film d'animation le plus kitsch recensé, The NeverEnding Story exalte le merveilleux et l'imagination dans une perspective comparable à celle du mythe de Peter Pan. Culte d'une génération, ce joli conte, effectivement enchanteur, vaudra à Wolfgang Petersen son laisser-passer pour la cour hollywoodienne. Le réalisateur ouest-allemand y illustre avec style l'univers fantasmagorique suggéré par un best-seller, l'inventivité graphique du film servant de belles et naives métaphores.

 

L'Histoire sans Fin s'approprie les éternelles valeurs du conte initiatique pour les mêler à celles d'un hymne à la littérature, poussé à son paroxysme une décennie plus tard dans l'ersatz plus que correct Richard au pays des livres magiques. Fantasia est ainsi un monde nourri des rêves des Hommes, dont l'existence est compromise par la progression du ''Néant''. Pour assumer la pérennité du royaume des abstractions, ses lieutenants font appel à un enfant issu d'au-delà des limites de Fantasia. Car Atreyu, le personnage évoluant dans un contexte heroic-fantasy, est une projection manifeste de Bastien, un garçon partageant et ''vivant'' ses aventures fictives dans le monde réel.

 

l_histoire_sans_fin_0Le héros initial s'efface devant son alter ego pour se contenter d'un rôle d'intermédiaire, participant de la mise en abyme. On est à la limite du message pro-geek, mais le film conserve un pied enraciné dans la réalité. Si Bastien est orphelin de sa mère et racketté par un trio de petits caids, la féérie elle-même est empreinte d'une noirceur que Petersen a le bon goût de ne pas surligner. Sous des dehors fantasques, le chemin de croix rompt avec la mièvrerie inhérente aux dessins animé traditionnels pour imposer aux enfants aventuriers des épreuves de la vie courante, comme la mort du cheval d'Atreyu qui marquera tous les jeunes spectateurs.

 

Le film propose ainsi de fantasmer sur tous les possibles [l'imagination ouvrant des voies inépuisables] sous une approche se voulant saine et pédagogue ; le sentiment d'évasion que procure Fantasia n'est alors qu'une manière ''optimiste'' et sereine d'envisager les recommandations d'un père ordonnant à son enfant de ne pas se réfugier dans l'irréalité. Grâce à ses ressources profondes, l'enfant assume la réalité sans l'aborder de front ; en cela, L'Histoire sans fin est la parabole ''civique'' du rôle présumé de la culture enfantine.

 

Aussi profond soit-il, le propos est transparent depuis l'oeil d'un adulte, pourtant c'est celui-ci qui éveillera son attention autant qu'il déclenchera éventuellement des ricanements attendris. Soyons sincères, n'ignorons pas l'émerveillement qu'on y aurait connus enfant, ne boudons pas les beaux restes qui auront su filtrer. Avec son générique odieusement daté, ses monstres attachants et ses décors au faste artisanal, le film exhale un parfum 80's renforçant son capital sympathie. Les plus réfractaires à un genre qu'ils auront longtemps considéré comme agaçant pourrait retourner leur veste en trouvant dans quelques lenteurs extatiques ou le portrait d'une tortue relativiste la source d'un bonheur insoupçonné ; notre hauteur de vue imprègne la vision du film d'un sentiment de petite ballade sous acides.

l_histoire_sans_fin_afficheDie unendliche Geschichte / The NeverEnding Story*** Acteurs*** Scénario**** Dialogues*** Ambition*** Audace*** Esthétique**** Emotion*** Musique**

 

Notoriété>25.000 sur IMDB ; 4.000 sur allociné

Votes public>7.4 sur IMDB (tendance féminine et 18-29) ; France : 7.8 (allociné)

Critiques presse>USA : 4.6 (metacritic – 5.9 sans pondération)

 

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