vers_le_sud_12sur5 Le film s'annonce comme une galerie de portrait-croisé sans didactisme. Trois femmes blanches en quête d'exotisme, venues s'ouvrir à un nouveau monde, se réveiller ou se rappeler qui elles sont. On a déjà donné, sans doute, mais ça fonctionne. Puis l'envoûtement s'estompe rapidement. Le traitement trop automatique de Laurent Cantet étouffe souvent la sensualité latente de son sujet. Dans l'idée de mettre en lumière l'assujettissement du Sud par le Nord entre autres délicates intentions, le cinéaste flirte avec l'engagement politique, mais la charge est annihilée par ses tâtonnements incessants. Le recours à des séquences ''documentaire'' ou les personnages se livrent à tour de rôle à la caméra ne révèle pas grand intérêt sur la durée ; si Charlotte Rampling est fascinante en épicurienne cynique puis maîtresse désolée, ce que débitent ces gens ne fait que révéler la platitude d'une chronique sociale creuse et, plus ennuyeux encore, trop rentrée. Vers le Sud est incapable de faire confiance à ses personnages, redoute la subjectivité induite par le matériau cinématographique. C'est dommage, car on aimerait que ces individus affranchis de leur tabou puisse exister [Karen Young donne à Brenda la profondeur que l'écriture, un peu lourde, peine manifestement à lui insuffler]. Alors oui, comme Ellen, nous quitterons ce paradis avec le coeur teinté d'amertume, elle pour un accomplissement sabordé par la fin du rêve, nous pour une occasion manquée, ou plutôt à demi-entamée.

 

 

vers_le_sud_affVers le Sud** Acteurs*** Scénario** Dialogues*** Originalité** Ambition*** Audace*** Esthétique**-* Emotion**-*

 

Notoriété>1.500 sur IMDB ; 150 sur allociné

Votes public>6.4 sur IMDB (légère tendance féminine & US) ; France : 5.8 (allociné)

Critiques presse>France : 7.0 (allociné) ; UK : 6.7 (screenrush)

Note globale selon Cinemagora → 6.4