green_zone_12sur5   Contrastant sensiblement avec le travail de planqué opéré sur Démineurs, les intentions de Green Zone ne le portent pas plus loin. En bannissant la virtuosité formelle du dernier Oscarisé, au service d'une mise en scène délibérément chaotique, Greengras a entrepris son sujet de façon quasi-documentaire. Mais si la démarche est intelligente, tout au moins défendable et pertinente, le film nous arrive avec une wagonnée de retard.

 

Portée par un élan frondeur et efficace, la démonstration autour de l'absence des armes de destruction massive en Irak apparaîtra bien frêle aux yeux d'Occidentaux incrédules ; au mieux, le film ne fait que taper un bon poing définitif aux States, ou il se risque à heurter les réfractaires les plus zélés. A défaut de surprendre, le film profite à plein de son procédé de la caméra à l'épaule : celui-ci justifie amplement l'abnégation de toute recherche de maîtrise spatiale, quand ce même aspect brouillon atteste rapidement d'une perspective ''engagée''.

 

Tirant de ce parti-pris sommaire l'énergie frénétique qui constitue la véritable épine dorsale du film, Green Zone parvient parfois à faire oublier la rigidité de ses rouages. Une sensation de stress diffus anime, maquille parfois, l'esprit extrêmement schématique de cette entreprise de dénonciation à la fois mordante et balisée ; ici, chacun monte au front pour incarner une figure-pivot, ambassadrice du panel concerné. Aussi, après l'avoir encadré sur les deux suites de La Mémoire dans la Peau, Paul Greengras, lorsqu'il réemploie Matt Damon en héros droit comme la justice, inflexible comme la vérité qu'il cherche à défendre, ne s'en sert jamais autrement que comme un simple faire-valoir sommaire.

 

Mobilisant pour la forme des pantins interchangeables, le geste de Greengrass ne se résume qu'à illustrer une situation de faits, quand il voudrait l'enrichir en invoquant des arguments érodés. A la fois vaguement dense a-priori et replié sur lui-même, Démineurs, s'il se contentait de feindre le débat, jouissait par son climat d'indécision permanent d'une force de frappe autrement plus intense, par moments presque intriguante. Dans un cas comme dans l'autre, c'est statut quo.

 



GREEN_ZONE_AFFGreen Zone** Acteurs*** Scénario** Dialogues** Originalité* Ambition*** Audace** Esthétique** Emotion*-*

 

Notoriété>10.000 sur IMDB ; 2.000 sur allociné (bons chiffres)

Votes public>7.2 sur IMDB (légère tendance non-US) ; USA : 6.9 (metacritic) ; France : 7.0 (allociné)

Critiques presse>USA : 6.1 (metacritic) ; UK : 6.4 (screenrush) ; France : 7.0 (allociné)

En salles au moment de la publication