freddy_12sur5 Toucher à un sanctuaire horrifique condamnait inéluctablement Samuel Bayer au mépris de la classe cinéphage, encline par nature à ce type de railleries la confortant dans ses assurances douillettes. Et quoiqu'effectivement très mal accueilli, ce reboot des Griffes de la Nuit était une proposition intéressante. Le potentiel du film de Wes Craven se dissipait tant sous des graisses kitschs que la simple idée de les voir élaguées par un second tour de piste plus sombre et pas moins calibré promettait, à défaut de justifier cette réputation franchement surfaite, au moins de restaurer l'intelligence diffuse des obsessions distillées par cet opus originel.

 

A regrets, ce huitième [ou neuvième, en comptant l'hors-série Freddy contre Jason, cross-over avec la saga Vendredi 13] opus de la saga est à peine à la hauteurs de ces timides espoirs, au point qu'il y a de quoi cautionner le scepticisme général émis quand à l'intérêt du premier film solo de Bayer. Recoupage à l'imagination pauvre des scènes majeures de son modèle, ce remake se complaît dans un traitement superficiel et quasi-didactique, à la limite du pastiche automatisé. Toutefois le soin technique apporté à la remastérisation de visions dantesques initialement déjà frivoles ravit nos pupilles par à-coups, bien qu'aucune scène ne parvienne à inspirer le semblant de pouvoir de fascination immédiate [à défaut d'once de terreur] des Griffes, dont l'esbroufe grossière savait générer son modeste petit effet.

 

Dénaturant un mythe fébrile en esquivant les pistes envisagées antan pour s'en remettre à un script filiforme, le nouveau Freddy Krueger, après avoir fait office de bouffon funèbre dans l'essentiel des sequel, est réduit ici à l'état de simple méchant boogeyman qu'une voix caricaturale rend d'autant plus obsolète. Malgré la belle prestance de Jackie Earle Haley en lieu et place de Robert Englund, seul le CV de son personnage lui concède un soupçon de charisme. L'alternative degré zéro un tantinet ironique [ce qui en soi n'est pas inintéressant, n'est servi ici que par une démarche boiteuse et sommaire] permet au croquemitaine de retrouver une relative noblesse [en dépit de sa pédophilie officialisée, pour rien, ou plutôt rien d'autre que justifier politiquement le retour de bâton], mais ne fait guère plus illusion que ses réparties potaches.

 

Emmené par des personnages sans substance [le bon sens fera admettre que ce fut toujours le cas dans la saga, à l'exception notable de Freddy 3, suite préférée de l'essentiel des fans] mobilisés pour faire semblant de s'étonner d'un pseudo-mystère peu coriace, le second Nightmare on elm street est un film décent mais absolument creux, sans souffle, aux traits à la grâce bouffie par l'empressement.


 

 

freddy_afficheA Nightmare On Elm Street-remake* Acteurs** Scénario* Dialogues* Originalité* Ambition** Audace* Esthétique** Emotion**

 

Notoriété>7.000 sur IMDB

Votes public>5.6 sur IMDB (tendance très marquée -30 ans) ; USA : 6.0 (metacritic)

Critiques presse>USA : 3.4 (metacritic) ; UK : 4.0 (screenrush)


En salles au moment de la publication (sortie aujourd'hui)


Les Griffes de la Nuit sur PinkSataniste :
* l'opus original
* les suites : Freddy 2 ; Freddy 3   
* le teaser du remake