THE_doors_25sur5 En 1991, la rencontre de deux monstres sacrés ravive la flamme d'un mythe et amplifie celle d'un polémiste sulfureux. Comme à son habitude, Oliver Stone délivre un nouveau sommet, une expérience totale alors qu'il compose sur une toute nouvelle gamme. Ce n'est pas un film sur les Doors, c'est un film sur le rock, c'est peut-être le film sur le rock.

 

Il fallait une démesure et une pugnacité sans pareilles pour jeter son dévolu sur un projet de biographie animée de Jim Morrison ; en d'autres termes, il n'y avait que Stone pour se mesurer à une telle entreprise. Loin d'un mouvement naturaliste, son style excessif, souvent militant, emprunt d'une infinie élégance est celui de l'invitation à une manipulation consentie. De Salvador à Tueurs nés, c'est plongé dans une ivresse surnaturelle que nous traversons les réalités les plus sordides, les contrées les plus extraordinaires, avec le sentiment que la subjectivité portée sur ces univers à l'harmonie parfaite redonne tout leur sens à des révélations universelles. Au plus près d'un esprit rock consumériste, The Doors, aller-simple pour le Nirvana, est une oeuvre foisonnante, malade, électrisante comme l'était le leader du groupe emblématique, dont Val Kilmer emprunte l'enveloppe pour apparaître en alter égo sophistiqué.

 

En dédaignant tout souci de réalisme, Stone adopte le meilleur des parti-pris. Se conformer aux faits ne l'intéresse que si ceux-ci lui permettent d'illustrer la fièvre qu'il met en scène : les lieux, les ambiances, les rencontres attestées s'en trouvent transfigurées, au service d'un exercice de style intense et monstrueux. The Doors n'est qu'une bulle frénétique, un fantasme, un rêve.

 

 



the_doors_afficheLes Doors**** Acteurs**** Scénario**** Dialogues*** Originalité**** Ambition***** Audace**** Esthétique***** Musique**** Emotion****

 

Notoriété>28.700 sur IMDB ; 1.700 sur allociné

Votes public>7.0 sur IMDB ; USA : 7.5 (metacritic) ; France : 7.8 (allociné)

Critiques presse>USA : 6.2 (metacritic)