moon_013sur5 Sam Bell, technicien en poste sur une station établie sur la face cachée de la Lune, n'existe plus pour personne, sinon pour un bienveillant robot de compagnie multi-fonction, ami, confident, assistant et ménager. Alors qu'approche l'heure de son rapatriement sur Terre après trois ans de bons et loyaux sacrifices, il doit soudain cohabiter avec celui qu'il a été...

 

Sorti en salles aux USA, en Grande-Bretagne ou il est déjà en DVD, Moon n'aura pas ces honneurs en France ou l'idée d'une exposition sur grand écran semble désormais définitivement écartée, sa diffusion très remarquée à Gerardmer n'ayant finalement pas pesée. C'est d'autant plus regrettable que ce film couvert d'éloges est souvent comparé à 2001 : l'odyssée de l'espace. S'il y a de quoi trouver ce lien facile et abusif, Moon n'en demeure pas moins la dernière réussite en date d'un genre galvaudé qu'il investit à contre-courant.

 

moon_1Reposant sur les épaules d'un seul acteur [Sam Rockwell], Moon prend le parti culotté et on ne peut plus casse-gueule de fréquenter les sentiers battus par des classiques rugueux et longtemps mal-compris qui ont manifestement émerveillé Duncan Jones [alias Zowie Bowie] et motivés son désir de cinéma. Mais plutôt qu'un pastiche-hommage, le nouveau réalisateur crée de toute pièce un univers à la fois classieux et original [trompant totalement le potentiel circonscrit attendu en raison d'un budget relativement modeste] et implante sur la Lune une atmosphère intimiste hantée d'une brise paranoiaque.

 

Malgré une B.O. de danseuse étoile junior parfois plus encombrante qu'enflammée, Moon est un sans-faute qui réjouira plus d'un amateur de SF de haute tenue et de nostalgiques, effectifs ou par entremetteur, d'une époque révolue ou Star Trek apparaissait comme une compensation de luxe. Si la théorie du complot et l'issue du métrage ne sont guère innovantes, Moon s'empare avec jubilation du thème du double pour servir une étude clinique de la solitude sans prétentions psy ni fioriture.

 

Anticipant, en toute discrétion, des lendemains désenchantés, Duncan Jones s'attache par ailleurs à afficher un pessimisme profond quand à la cause écologique. Ces préoccupations conformes au genre ne priment cependant pas, puisqu'au premier plan, c'est une émotion incongrue qui traverse le film. La relation de Sam et du robot matérialise les sentiments contradictoires portés à l'égard d'une technologie maternelle et suspecte, vide et humaine. Alors qu'il n'exprime ses ''émotions'' que par le biais de smileys significatifs, le robot est le seul à insuffler un soupçon de vie et de compassion à cet univers froid et désincarné ; aussi ce compagnon à la pensée initialement formatée semble-t-il acquérir un libre-arbitre rassurant.


moon_afficheMoon*** Acteurs*** Scénario*** Dialogues*** Ambition*** Audace*** Esthétique***-* Emotion*** Musique**

 

Notoriété>37.000 votes sur IMDB ; 56 notes sur allociné

Votes public>8.0 sur IMDB ; France : 7.7 (allociné) ; USA : 8.3 (metacritic)

Critiques presse>GB : 7.0 (screenrush) ; USA : 6.7 (metacritic)