Rappel des faits : Carbonisée à la fin du premier ''Chucky'', la poupée est ''ressuscitée''. Aujourd'hui revenue à la vie, elle part retrouver Andy, l'enfant à qui elle appartenait, désormais en famille d'accueil, dans l'intention de récupérer forme humaine.

 

chucky_23sur5 Très remarqué par le public de l'époque dans Jeu d'enfants, Chucky rempile, cette fois uniquement pour le meilleur et sous une nouvelle approche. En effet, cette première suite, surpassant allègrement l'original, opte pour ce qui fera le succès de la saga, soit la grandiloquence outrée, ''personnalisée'' par sa marque de fabrique qu'est la poupée de sang.

 

Si ce film aux allures de série B triviale réussit tant son entreprise, c'est parce que s'y intègrent sans timidité les traits de son personnage et son caractère grossier et sadique, l'assassin enfermé dans un corps de poupée se muant véritablement ici en gremlins terroriste au phrasé tonitruant.

 

Alors que Jeu d'enfants s'emmêlait les pinceaux et tentait tant bien que mal de conserver le plus grand sérieux du monde, Chucky 2 tourne le dos à tout accès pompier pour mieux s'imprégner d'une hystérie adolescente. Le ravalement de façade abouti à une comédie horrifique pince-sans-rire, un peu potache mais sans logorrhée gaguesque, sans pour autant omettre des scènes de terreur réussies. Les points culminant du film sont d'ailleurs ceux ou ces deux aspects antagonistes s'accordent pour entrer dans une harmonie délirante (scènes de l'école, de la cave et surtout de l'usine).

 

Tout de même, l'exercice demeure absolument vain, mais particulièrement divertissant et ce d'abord grâce au crétinisme ambiant. Chucky 2 n'est en fait rien d'autre qu'un travail de petits rigolos mené avec sérieux : si le récit n'est pas sans poncifs, bien au contraire, tout sonne mieux dans cette reprise : réalisé deux ans seulement après son modèle officiel, le film a considérablement moins vieilli, la réalisation et la narration gagnent en dynamisme et surtout les acteurs sont excellents, l'enfant [Andy] jouant bien mieux que dans le premier opus [ou il était déjà bon].

 

En quelque sorte, Chucky 2 flirte avec l'esprit du grotesque cauchemar, ce qu'est idéalement le mariage d'une comédie drôle -pour son décalage- et un film d'horreur très vaguement inquiétant [même s'il pourra être réelle source d'angoisse pour un public relativement jeune], apte à délivrer de jolies visions de genre. On y savoure le plaisir de l'irrationnel, l'aberration enfantine amplifiant l'amusement teinté d'une étrange incrédulité. Bref, c'est très con, mais aussi tout à fait jouissif.

 

 

chucky_2_afficheChild's Play 2***  Acteurs*** Scénario** Dialogues** Originalité** Ambition** Audace** Esthétique**-* Emotion*** Musique*

 

Notoriété>8.000 votes sur IMDB ; 750 notes sur allociné

Votes public>5.1 sur IMDB ; 7.0 sur allociné