1sur5 Evidemment, on attend plus rien d'Emmerich aujourd'hui. Chacun est mis au fait que le redneck hollywoodien fera indéfiniment appel à toute la garde nationale pour déchaîner les éléments, les forces de la nature, de l'au-delà ou de l'armée dans un grand chaos réveillant les instincts du patriote bon teint animant, c'est bien connu, chaque américain, et donc de facto, c'est bien connu, le reste du monde.

 

Et on ne lui en veut pas tant à Emmerich ; c'est le sacro-saint tâcheron de service au programme calibré et balisé comme on en fait plus, à un point ou, à condition d'avoir saisi qu'il y a de quoi rougir, beaucoup ont pris le parti d'en rire. Et bizarrement, ce 2012, récit de la fin du Monde [car tant qu'à faire...], a reçu un accueil assez favorable de la presse, dans l'ensemble sincèrement enthousiaste. Sans doute a-t-elle tout comme nous franchie un certain cap dans sa vision du réalisateur ; aussi, si l'enjeu n'est plus que la débauche d'effets spéciaux et le divertissement forain outrancier, très probablement sans goût ni style, pourquoi pas.

 

On accepte donc de passer sur beaucoup de choses. Bien sûr, Emmerich convoque toutes les autorités mondiales, morales, politiques et religieuses. Plus c'est crétin et plus ça passe, il se déchaîne aussi via des déblatérations socio-culturelles balancées sans retenue et sans aucun soupçon d'intelligence. Difficile de s'amuser indéfiniment du trip des studios autour d'un magnat russe plus cynique et vachard qu'un Berlusconi dans une forme à en cracher des flammes.

 

On les voudraient rigolardes toutes ces inepties, mais après une première demi-heure de présentation grossière, toujours un certain sourire en coin, on sature déjà. Oups : reste plus de deux heures devant nous. Les festivités tourneront donc comme prévu à l'aliénation. Et que c'est chiant ! Et, triple aberration, pas impressionnant malgré le déluge de moyens... Tout ça n'est jamais que du bruit et de la ferraille [volante, tordue, biscornue], mais sans fureur...

 

Emmerich ne sait pas du tout créer la surprise, susciter l'attente ; on était prêt à accepter qu'il recycle les éternels même clichés, mais qu'il ne propose rien d'autre qu'un défilé de vignettes convenues fait retomber son petit produit automatique comme un soufflé. Malgré le grand-spectacle, rien ne nous accroche à aucun moment, John Cusack lui-même, d'abord personnage ''identificatoire'' au potentiel sympathie n'ayant d'égal [et de raison] que sa ringardise, nous ennuie.

 

Le film aurait gagné à exploiter exclusivement son aspect ludique et purement forain ; comble de la vulgarité, il passe son temps à essayer de se justifier. Ce n'est pas Le Jour d'après, mais ça reste désespérant. Pas de désir, pas de haine non plus. A ce titre, le film est un modèle de grand moment de solitude.

 

2012_emmerich2012 = 1sur5  Acteurs>1-2/5. Scénario>0-1/5. Dialogues>0?. Originalité>0/5. Ambition/intelligence du propos>1/5. Audace>0-1/5. Visuel/esthétique>1/5. Emotion>1-2/5.

 

Notoriété>4.823 notes sur AlloCiné

Votes du public>2.3/4 sur AlloCiné

Critiques presse>2.5/4 selon AlloCiné

Box-office France>4.6 millions d'entrées (5e de l'année)