3sur5 La comédie horrifique  ? Elle semble se porter mieux que jamais, et franchir en nouveau cap en se démocratisant. Triomphe au box-office US, Bienvenue à Zombieland a crée la surprise en dépassant le cap -entre autre- symbolique des 50 millions de $ en moins d'un mois, lui qui appartient à un genre pourtant habituellement boudé par le grand-public.

 

Sans allez jusqu'à réviser les ''grands'' classiques et invoquer Street Trash, Evil Dead ou Re-Animator, force est de constater cependant que gore récréatif et rayon culte ne sont pas indissociables, loin de là. Si on est encore loin de reconnaître l'excellent et débridé Black Sheep à sa juste valeur et que les Français n'ont pas pris conscience de l'aubaine que constituait Atomik Circus, un film comme Shaun of the Dead, à lui tout seul, a su réanimer aux yeux des cinéphages un humour et un style potache et sans contrainte disparu depuis, grosso modo, l'ère Braindead. De là à oser espérer que la comédie horrifique prenne une place dans le cœur -et les attentes- des spectateurs, il n'y a plus qu'un pas que le succès de Zombieland pourrait annoncer comme bientôt accompli.

 

Mais venons-en au fait ; au-delà de ce qu'il représente a-priori, que vaut ce Zombieland ? Rien de gigantesque, puisqu'il met en place un programme somme toute assez traditionnel : le Monde qu'il nous propose, c'est le notre dans un futur immédiat, qui n'est plus qu'un vaste no man's land dévasté et peuplé de zombies, ou quatre personnages antagonistes réunis malgré eux tentent de se sortir de ce chaos. Dans le fond comme dans la forme, l'originalité n'est pas l'atout premier de Zombieland, ce qui n'empêche pas celui-ci d'aboutir à un résultat survitaminé, sans complexes et franchement enthousiaste.

 

Ainsi, Bienvenue à Zombieland ne réinvente pas le genre et s'appuie gentiment sur quelques poncifs. C'est un film simple, aux ressorts un peu faciles mais souvent efficaces, suffisamment humble pour ne jamais agacer le plus tatillon des critiques, suffisamment enragé pour ne jamais laisser quiconque sur sa faim.

 

Ca ne vole jamais bien haut, mais c'est foncièrement plaisant. Il y a là-dedans l'irrévérence d'un genre et le caractère de sale gosse attardé d'un certain humour teen pas très glorieux, un peu régressif, mais qu'on accueille à bras ouvert. Surtout, Bienvenue à Zombieland joue à plein sur la liberté générée par une situation apocalyptique [Zombie de Romero finira par tomber en désuétude à ce train-là...] et ne nous prive jamais de la petite touche trashoune balourde mais qu'on avait vraiment envie de pouvoir savourer à l'écran.

 

Un petit plaisir destroy qui ne prend pas le public en traître, et préfère lui offrir une joyeuse bouffonnerie aboutie, au risque de ne pas l'étonner d'une quelconque manière, plutôt que de se lancer dans un trip gras avec en bonus-surprise une réflexion maline sur un sujet de société ; pas roublard pour un sou, bourrin, mal élevé mais modeste, Bienvenue à Zombieland est une bonne surprise et un agréable divertissement.


ZOMBIELANDBienvenue à Zombieland = 3sur5 Acteurs>3-4/5. Scénario>3/5. Dialogues>2-3/5. Originalité>2-3/5. Audace>2-3/5. Visuel/esthétique>2-3/5. Ambition/intelligence du propos>2/5. Emotion>3/5.

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