3sur5 Depuis son Los Angeles 2013 en 1996, on sait que Carpenter aime jouer les gros durs avec de nouveaux film branchés ''heavy''. LA 2013 se voulait un film apocalyptique, anti-hollywoodien, mais finissait par lasser à cause de son aspect bourrin jusqu'au-boutiste et de sa vulgarité malvenue ; ce n'était rien d'autre qu'un foutoir prétentieux et GRIVOIS, et une audace somme toute frileuse puisque certaine d'atterrir à bon port, grâce à un public ''burné'' qui n'attendait rien de plus.

 

Ghosts_of_MarsGhosts of Mars n'a pas lui la prétention d'être anti-hollywoodien. C'est une authentique série B, désinvolte, immature, un carnaval nihiliste qui n'a pas peur d'apparaître aux yeux du cinéphile averti comme un sacré nanar, et tape allègrement dans le grotesque.

 

Et Carpenter fait mieux que l'assumer, il y va à fond : Ghosts of Mars sera un plaisir coupable, un nanar sympathique, ou ne sera pas ! Décors kitschs spectaculaires [le carton-pâte envoutant], dialogues bouffons [« Complètement cinglés ; il se sont mis à courir partout et décapiter les gens ! », à prononcer l'air grave et solennel bien entendu], flash-backs et autres effets désuets, Ghosts est donc un film ouvertement puéril, voir un peu belliqueux.

 

Il nous sert même sur un plateau d'argent de pitoyables machistes, toujours prêt à envoyer des « T'as raison mon gazon ! » dégoulinant de crétinisme avant de se retrouver émasculé. La ''virilité'' est ici écorchée, elle en prend un sacré coup, et va jusqu'à nous donner un Tarzan suffisamment ridicule pour se couper la main sans le faire exprès lorsqu'il essaie de se faire cavalier-servant de sa Jane.

 

On se marre, on ouvre de grands yeux... On est dedans, tout à fait conscient que tout cela ne mène à rien et que les seules ambitions sont décoratives. Bien sûr que ces monstres sont des bouffons de pâte-à-modeler et que leur planète n'est que toc.

 

Le second degré règne en maître ; les enjeux du pseudo-scénario sont dérisoires, sont un leurre, seul ce plaisir un peu régressif compte : celui de se croire encore devant un cinéma d'antan, maladroit et passionné, surtout pas avare en invraisemblances, plus soucieux d'être une jolie balade en terre inconnue [Mars en l'occurrence], ou rien n'a vraiment d'importance sinon le divertissement et l'émerveillement/amusement enfantin qu'on éprouve.

 

Le n'importe-quoi est alors permis, et Carpenter s'en donne à coeur-joie pour nous offrir son défilé de créatures, de rituels, de bavardages grand-guignolesques.