2sur5 Succès populaire qui a su tirer de chaudes larmes dans toutes les chaumières consentantes de France, Joyeux Noël de Christian Carion est reconnu comme l'un des quelques films sinon le premier à destination du grand public à traiter d'un fait méconnu ou mésestimé de la Grande Guerre : la fraternisation entre les deux camps ; le temps des fêtes de Noël, les soldats cessent ainsi le combat, et s'accordent une trêve.

 

joyeuxnoel2Et qu'est-ce qu'il se passe ? Pfffffiou, rien et rien, on est là pour se dire que c'est beau. Et ça l'est, tout au moins le sujet. Mais la profondeur peut se montrer plus intéressante qu'un défilé de larmes aux yeux et de jeux de regards résolus, et même bien mieux servir une cause. Or ici on ne fait pas dans la dentelle : le but est de vous remuez les tripes ; dommage, c'est un échec tant on reste en-dehors de ce film très en surface, proposant une telle avalanche de bons sentiments que seule une réalisation intelligente empêchera aux âmes les plus cyniques de se sentir gagné par la nausée.

 

Tout le paradoxe d'un film pétri sans relâche d'intentions humanistes, mais qui ne transcende rien et reste désespérément creux. La mise en scène est parfois d'une théâtralité fermement ridicule, même s'il faut accorder à Carion des choix astucieux.

 

JoyeuxnoelSi le manque cruel qu'on ressent dans Joyeux Noël empêche d'en faire un film à part et le limite au stade de simple exercice de style [réussi mais mielleux] à vocation populaire, celui-ci dénonce avec justesse les aberrations religieuses et les contradictions de l'Eglise en temps de guerre.

 

Quand à Dany Boon, il révèle un certain talent pour les rôles dramatiques, en étant le plus naturel, même si lui aussi est plus ou moins mièvre. Il s'agit peut-être d'une surprise, mais sitôt qu'on voit au-delà de son atroce image de ch'ti biloute au sommet des hit-parade, force est de constater que nous avons affaire à un bonhomme réellement habité par ses rôles, pas si benêt qu'on voudrait le croire mais plutôt habile, presque touchant et soucieux de s'offrir au spectateur comme figure apaisante et rassurante. Ca n'en fait pas l'acteur du siècle, mais dès lors on serait hypocrite de lui jeter la première pierre...


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